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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 12:13

Une très archaïque histoire de famille !

 

La grotte du puits de Lascaux ou la nativité première.

 

Il y a 18 000 ans, à Lascaux, en un lieu caché et souterrain, en partie inaccessible, la paroi de la grotte fut décorée d’une scène qui n’est pas en toute apparence familière et pourtant ! Était-ce la première crèche représentant une nativité humaine ?

Comment est-on passé de la grotte à la crèche en plusieurs millénaires pour mettre en scène l’apparition d’un petit homme- dieu ?

Pourquoi et comment avoir associé une grotte à la crèche de la nativité ? Jésus ne serait-il pas né selon les dernières hypothèses chez des voisins accueillants, ce qui n’enlève rien à sa nature divine ? Si Dieu est un créateur, l’homme, sa particule incarnée, apporte au mystère sa part de rêve avec le matériel domestique qu’il a à sa disposition : grotte, crèche, animaux, étoiles ; Il convoque même ses savants les plus réputés : des astrologues orientaux, les rois mages et leurs cadeaux symboliques.

Le mytho gramme de Lascaux ne nous livre pas son récit : il l’imagine au sens de faiseur d’images. Ces dernières sont statiques et ne sont pas caractérisées par une recherche de mouvements. La peinture, accompagnée de signes abstraits  (« sans paroles ») représente deux grands animaux, un petit homme à tête d’oiseau, ithyphallique : il s’agit donc d’un petit être masculin dominé par un bison et un rhinocéros dont la corne passe pour être aphrodisiaque (cela est dû à la forme de la corne assimilée au sexe masculin en érection du rhinocéros laineux – valence masculine - et cette croyance a perduré chez les descendants de Cro-Magnon.). La présence d’un propulseur ou bâton de pouvoir à tête d’oiseau, bien au centre, montre l’importance de la présence de l’oiseau dans le mytho gramme. La crèche, en son sommet, portera une colombe car à l’avènement de Jésus nous sommes dans le trinitaire divin : le père, le fils, le Saint-Esprit (colombe).

Le Bison a une valence femelle (Leroy Gourhan). Il est pénétré pour être fécondé et laisse échapper, non ses entrailles après avoir été blessé à la chasse, mais un placenta. Le culte placentaire est un culte préhistorique qui a perduré dans des sociétés exotiques dites premières.

Des auteurs ont interprété la présence des deux grands animaux comme le couple primitif qui aurait donné naissance à l’enfant. La femme n’est pas représentée sur le mytho gramme.  (Elle le sera, ô combien asexuée, mais paradoxalement féconde dans la crèche-grotte christianisée). Sur d’autres peintures ou plus particulièrement sur une sculpture paléolithique, (32.000 ans B.C.) la représentation d’un homme lion fait songer à un métissage homme/animal.

 

Dans la conception du petit d’homme la barrière d’espèce n’aurait pas existé dans l’imaginaire du temps des grandes chasses. L’étude des cultures des Bochimans de si lointaine tradition orale évoque la possibilité que les hommes puissent devenir des animaux et ces derniers revenir à la condition humaine. À l’aurore des jours humains tout semble provenir du temps du rêve.

 

La grotte de Bethléem

C’est au IIIe siècle ap. J.C. que l’on constate la vénération d’un lieu de la nativité dans un espace grotte-crèche. L’argument du manque de place ne convainc pas. La tradition est tardive. Pour s’édifier, une légende a besoin de l’accumulation de récits dont les éléments les plus attrayants seuls vont se stratifier et se transmettre non sans embellissements mais dans un cadre fixé aux origines du mythe ; à savoir une grotte-crèche où les hommes tiennent infiniment moins de place que les grands animaux. Dans toutes les cultures l’esprit religieux se manifeste en construisant une histoire logique et procède par montage et emprunts. Il s’agit d’une défense contre le mystère d’être et de mourir. « Le va et vient du mourir naître ! »

 

La grotte, éternel retour du Paradis perdu.

La sensibilité au XIIIe siècle de St. François d’Assise est proche des frères inférieurs. Les animaux, les oiseaux auquel il prétend s’adresser, vont entourer l’espace de la grotte-crèche. En 1223 il invente une scénographie de la nativité dans une grotte-crèche avec Jésus enfant, la Vierge, Saint Joseph, des mages, des bergers. Les grands animaux ont disparu au profit d’animaux plus petits, domestiqués et asexués, réduits au rôle d’animaux favoris ; ils ont perdu leur majesté sauvage et leur rôle concepteur supposé. Ils sont humbles et soumis. La crèche-grotte devient un modèle réduit à taille humaine. L’archétype de la grotte primordiale subsiste et traverse le temps et va s’humaniser à hauteur d’homme.

Exemple : Mosaïque de la Nativité (Santa Maria, Trastevere. Rome) par Pietro Cavallini (1250 1344). Matériel symbolique : une grotte, un âne et un bœuf qui veillent sur un enfant emmailloté. Les deux animaux domestiques ne sont pas sexués comme à Lascaux et de taille modeste. L’enfant paraît aussi grand que personnages et animaux. Au sommet de la grotte une étoile diffuse une lueur. Des anges parlent avec un berger. Au pied de la grotte un petit pâtre joue de la flûte. Un personnage nouveau : St. Joseph, compagnon de la vierge, pensif sur son rôle !

Un texte cohérent du récit de la nativité, dépourvu d’ajouts et de remaniements est introuvable. Il faut supposer que des traditions fortes anciennes ont rapporté la naissance d’un enfant mystérieux venu des étoiles.  (Notre ADN ne vient-il pas de l’infini de l’espace ?) L’étoile est présente dans tout récit de la nativité. Elle guide des astrologues (les rois mages) jusqu’au lieu de la nativité.

Superman parvenu enfant des espaces célestes, est le héros par excellence, celui qui prend la défense des opprimés alors qu’il est toujours traité comme un étranger sur notre planète. Il est le messie venu de l’espace pour nous sauver. Superman est l’incarnation de la protection divine à laquelle se réfère souvent la culture américaine. Dans Superman, le personnage principal provient, enfant, dans un petit berceau-vaisseau spatial en cristal, d'une planète plus évoluée (Krypton). De plus, l'envoi du bébé dans un vaisseau spatial est similaire à la mise dans un berceau de Moïse qui est ensuite confié aux eaux. Superman est la version moderne de l’enfant venu des eaux dans un berceau. En dehors de ce récit spatial modernisé par la science-fiction américaine, il n’en reste pas moins que le mystère de la conception par une femme d’un enfant-dieu est un bouleversement total. Dans la grotte préhistorique de Lascaux deux grands animaux sont auprès du petit homme nu. La mère humaine est absente ainsi que le père concepteur. Paternité et maternité sont assurées par les grands animaux. Le mytho gramme d’une conception et d’une nativité est esquissé à Lascaux. (Voir ill. 1) La pénétration vulvaire du bison femelle est indiquée à droite et ce ne sont pas les entrailles qui sont perdues par une blessure de chasse mais une figuration du culte placentaire préhistorique.

Les mises en scène de la venue d’un enfant sauveur empruntent leur matériel symbolique, à la terre, à l’eau, à l’espace, au ciel (la cigogne) et même à la forêt profonde qui abrite des loups nourriciers de l’enfant sauvage.

La crèche (grotte) est une construction historique culturelle qui traverse aussi bien l’animisme que le christianisme. La crèche ne ramène par un enfant-dieu avec elle là où on l’installe. C’est une affaire d’homme et d’enfant, un attendrissement sur notre  si humain devenir-avenir. Deux augures ne peuvent se regarder sans rire écrivit Cicéron. Qui aujourd’hui prend la crèche au sérieux, sinon quelques sacristains laïques intolérants au pouvoir incertain ?

10 novembre 2016, pour H. Brivet                                                                                                        © Robert Liris

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 15:53

La Maison de la Lithographie et Gilles Charmat accueilleront le psycho-historien pour une causerie sur le « magicien de la mort » ; Robert Louis Liris évoquera, à travers le destin du seigneur criminel Gilles de Rays, du religieux, du satanique et du magique chez les nobles, les ecclésiastiques et les Templiers au Moyen Age tardif : le spectacle révélé de l’A-rebours.


Le 4 juin 2013 à 21 heures

MAISON DE LA LITHOGRAPHIE

7 rue de la Vigerie

03500 St-Pourçain-sur-Sioule

 

L’actualité 2013 de Robert Liris est particulièrement riche en rendez-vous :

 

Liris-recherche-d-une-identite-europeenne-couv-1Historique, avec la version française de son ouvrage « À la recherche de l’identité européenne » chez Pesic & sinovi à Belgrade, également éditeur de la traduction serbe et du précédent ouvrage de Robert Liris « L'Ordinaire de Vichy 1940-1942 » (2011, 157p. 19*14 cm) ; l’auteur a, début mai, donné une conférence avec la présence des conseillers culturels et économiques de l’Ambassade Serbe en France au Centre culturel serbe de Paris sur ce thème : la recherche balkanique de la plus ancienne identité européenne. Sur 202 pages, Robert Liris brise, à la suite du professeur Radivoje Pesic, « la conspiration du silence » d’avant l’Histoire : « L’illusion de l’histoire est en partie fondée sur l’impression fausse que nous conservons notre identité au cours du temps ; ce n’est pas vrai pour l’instant qui, à la façon de l’électron, est un brouillard instable. L’Histoire courte, Short History, prétend conserver une identité de l’être à forme humaine dans un déroulement du temps limité par l’écriture d’une histoire partagée en périodes par des universitaires ; La Deep History a le mérite d’aller au commencement des commencements, Astrophysiciens de l’histoire depuis l’énigme d’une origine imaginée, les nouveaux historiens apercevront enfin de longues traces de lumières d’esprit là où les compilateurs savants et courbés sur le présent ne voient que d’obscures ruines irradiées par les « rouges fins d’empire » ».

Ndlr : Cette préscience du premier Balkan dans la vieille Europe aurait-elle guidée Napoléon III qui lâcha sur l’Europe centrale ses troupes de scientifiques et de peintres ethnographes (Valério et ses « Provinces Danubiennes ») comme il le fit sur l’Auvergne pour trouver les ruines de Gergovie sous les murs de Merdogne ?

 

liris-slobo-l-explorateur-imaginaireArtistiques, avec la publication d’un essai critique et poétique de l’œuvre récente du peintre auvergnat d’origine serbe Slobo : « SLOBO L'Explorateur imaginaire - Entre matière et mémoire le paradis n'est jamais loin » (2013, 98p. 226*227 mm) : écrits et choix de textes d’un ami qui soutient, depuis trente ans et le recueil « Adieu Cosmos, compagnon de Sirius », le danubien égaré en pays Arverne, ressourcé/reconstitué par les forces telluriques des laves du Puy de Dôme.

 

cahiers-du-sens-n23-sPoétiques, avec sa participation au numéro 23 des Cahiers du Sens 2013, « La Colère » par Jean-Luc Maxence et Danny-Marc. L’ouvrage peut être commandé sur le site de l’éditeur Le Nouvel Athanor.

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Published by Hughes Brivet - dans Histoire
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