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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 12:13

Une très archaïque histoire de famille !

 

La grotte du puits de Lascaux ou la nativité première.

 

Il y a 18 000 ans, à Lascaux, en un lieu caché et souterrain, en partie inaccessible, la paroi de la grotte fut décorée d’une scène qui n’est pas en toute apparence familière et pourtant ! Était-ce la première crèche représentant une nativité humaine ?

Comment est-on passé de la grotte à la crèche en plusieurs millénaires pour mettre en scène l’apparition d’un petit homme- dieu ?

Pourquoi et comment avoir associé une grotte à la crèche de la nativité ? Jésus ne serait-il pas né selon les dernières hypothèses chez des voisins accueillants, ce qui n’enlève rien à sa nature divine ? Si Dieu est un créateur, l’homme, sa particule incarnée, apporte au mystère sa part de rêve avec le matériel domestique qu’il a à sa disposition : grotte, crèche, animaux, étoiles ; Il convoque même ses savants les plus réputés : des astrologues orientaux, les rois mages et leurs cadeaux symboliques.

Le mytho gramme de Lascaux ne nous livre pas son récit : il l’imagine au sens de faiseur d’images. Ces dernières sont statiques et ne sont pas caractérisées par une recherche de mouvements. La peinture, accompagnée de signes abstraits  (« sans paroles ») représente deux grands animaux, un petit homme à tête d’oiseau, ithyphallique : il s’agit donc d’un petit être masculin dominé par un bison et un rhinocéros dont la corne passe pour être aphrodisiaque (cela est dû à la forme de la corne assimilée au sexe masculin en érection du rhinocéros laineux – valence masculine - et cette croyance a perduré chez les descendants de Cro-Magnon.). La présence d’un propulseur ou bâton de pouvoir à tête d’oiseau, bien au centre, montre l’importance de la présence de l’oiseau dans le mytho gramme. La crèche, en son sommet, portera une colombe car à l’avènement de Jésus nous sommes dans le trinitaire divin : le père, le fils, le Saint-Esprit (colombe).

Le Bison a une valence femelle (Leroy Gourhan). Il est pénétré pour être fécondé et laisse échapper, non ses entrailles après avoir été blessé à la chasse, mais un placenta. Le culte placentaire est un culte préhistorique qui a perduré dans des sociétés exotiques dites premières.

Des auteurs ont interprété la présence des deux grands animaux comme le couple primitif qui aurait donné naissance à l’enfant. La femme n’est pas représentée sur le mytho gramme.  (Elle le sera, ô combien asexuée, mais paradoxalement féconde dans la crèche-grotte christianisée). Sur d’autres peintures ou plus particulièrement sur une sculpture paléolithique, (32.000 ans B.C.) la représentation d’un homme lion fait songer à un métissage homme/animal.

 

Dans la conception du petit d’homme la barrière d’espèce n’aurait pas existé dans l’imaginaire du temps des grandes chasses. L’étude des cultures des Bochimans de si lointaine tradition orale évoque la possibilité que les hommes puissent devenir des animaux et ces derniers revenir à la condition humaine. À l’aurore des jours humains tout semble provenir du temps du rêve.

 

La grotte de Bethléem

C’est au IIIe siècle ap. J.C. que l’on constate la vénération d’un lieu de la nativité dans un espace grotte-crèche. L’argument du manque de place ne convainc pas. La tradition est tardive. Pour s’édifier, une légende a besoin de l’accumulation de récits dont les éléments les plus attrayants seuls vont se stratifier et se transmettre non sans embellissements mais dans un cadre fixé aux origines du mythe ; à savoir une grotte-crèche où les hommes tiennent infiniment moins de place que les grands animaux. Dans toutes les cultures l’esprit religieux se manifeste en construisant une histoire logique et procède par montage et emprunts. Il s’agit d’une défense contre le mystère d’être et de mourir. « Le va et vient du mourir naître ! »

 

La grotte, éternel retour du Paradis perdu.

La sensibilité au XIIIe siècle de St. François d’Assise est proche des frères inférieurs. Les animaux, les oiseaux auquel il prétend s’adresser, vont entourer l’espace de la grotte-crèche. En 1223 il invente une scénographie de la nativité dans une grotte-crèche avec Jésus enfant, la Vierge, Saint Joseph, des mages, des bergers. Les grands animaux ont disparu au profit d’animaux plus petits, domestiqués et asexués, réduits au rôle d’animaux favoris ; ils ont perdu leur majesté sauvage et leur rôle concepteur supposé. Ils sont humbles et soumis. La crèche-grotte devient un modèle réduit à taille humaine. L’archétype de la grotte primordiale subsiste et traverse le temps et va s’humaniser à hauteur d’homme.

Exemple : Mosaïque de la Nativité (Santa Maria, Trastevere. Rome) par Pietro Cavallini (1250 1344). Matériel symbolique : une grotte, un âne et un bœuf qui veillent sur un enfant emmailloté. Les deux animaux domestiques ne sont pas sexués comme à Lascaux et de taille modeste. L’enfant paraît aussi grand que personnages et animaux. Au sommet de la grotte une étoile diffuse une lueur. Des anges parlent avec un berger. Au pied de la grotte un petit pâtre joue de la flûte. Un personnage nouveau : St. Joseph, compagnon de la vierge, pensif sur son rôle !

Un texte cohérent du récit de la nativité, dépourvu d’ajouts et de remaniements est introuvable. Il faut supposer que des traditions fortes anciennes ont rapporté la naissance d’un enfant mystérieux venu des étoiles.  (Notre ADN ne vient-il pas de l’infini de l’espace ?) L’étoile est présente dans tout récit de la nativité. Elle guide des astrologues (les rois mages) jusqu’au lieu de la nativité.

Superman parvenu enfant des espaces célestes, est le héros par excellence, celui qui prend la défense des opprimés alors qu’il est toujours traité comme un étranger sur notre planète. Il est le messie venu de l’espace pour nous sauver. Superman est l’incarnation de la protection divine à laquelle se réfère souvent la culture américaine. Dans Superman, le personnage principal provient, enfant, dans un petit berceau-vaisseau spatial en cristal, d'une planète plus évoluée (Krypton). De plus, l'envoi du bébé dans un vaisseau spatial est similaire à la mise dans un berceau de Moïse qui est ensuite confié aux eaux. Superman est la version moderne de l’enfant venu des eaux dans un berceau. En dehors de ce récit spatial modernisé par la science-fiction américaine, il n’en reste pas moins que le mystère de la conception par une femme d’un enfant-dieu est un bouleversement total. Dans la grotte préhistorique de Lascaux deux grands animaux sont auprès du petit homme nu. La mère humaine est absente ainsi que le père concepteur. Paternité et maternité sont assurées par les grands animaux. Le mytho gramme d’une conception et d’une nativité est esquissé à Lascaux. (Voir ill. 1) La pénétration vulvaire du bison femelle est indiquée à droite et ce ne sont pas les entrailles qui sont perdues par une blessure de chasse mais une figuration du culte placentaire préhistorique.

Les mises en scène de la venue d’un enfant sauveur empruntent leur matériel symbolique, à la terre, à l’eau, à l’espace, au ciel (la cigogne) et même à la forêt profonde qui abrite des loups nourriciers de l’enfant sauvage.

La crèche (grotte) est une construction historique culturelle qui traverse aussi bien l’animisme que le christianisme. La crèche ne ramène par un enfant-dieu avec elle là où on l’installe. C’est une affaire d’homme et d’enfant, un attendrissement sur notre  si humain devenir-avenir. Deux augures ne peuvent se regarder sans rire écrivit Cicéron. Qui aujourd’hui prend la crèche au sérieux, sinon quelques sacristains laïques intolérants au pouvoir incertain ?

10 novembre 2016, pour H. Brivet                                                                                                        © Robert Liris

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:07

Par Robert Liris.

 

Origine métaphorique du concept psychohistorique d' « objet d'histoire. »

Représentation visuelle simplifiée. 

 

Origine métaphorique du concept psychohistorique d' « objet d'histoire. »  

 

La métaphore destinée à préciser la notion d’ « objet d’histoire » OdH est empruntée à la géologie et à l’astrophysique. Une planète, ou une étoile, se constitue par accumulation ou, plus savamment, par accrétion de poussières cosmiques errantes.

Le phénomène de l’accrétion en astrophysique ou en géologie est une concentration par accumulation autour d’un centre attractif. L'accrétion océanique consiste dans la production de croûte océanique à partir d'un rift d'une dorsale océanique, par épanchement de laves de nature basaltique. En astrophysique l'accrétion est une agrégation de matière stellaire et d'objets; une capture de poussières d’étoiles sous l'effet de l'attraction gravitationnelle. 

Dans cet univers existent des disques d'accrétion tourbillonnants autour des trous noirs qui « aspirent » la matière les environnant. Ils sont décelés par les rayonnements intenses qu'ils émettent sous l'effet de cette accélération (rayonnement synchrotron). Le concept d’objet d’histoire à la façon de l’objet stellaire contient de manière analogique les notions d'accumulation, d'interférences aléatoires, et de risques d'implosions ou d'explosions centrifuges, d'effondrements centripètes, d'amnésie (trou noir).

Un OdH fait de bribes de souvenirs à l’échelle individuelle ou à celle d’un groupe peut être aussi instable qu’un corps physique errant dans l’espace. Il peut s’effondrer et se disperser : c’est l’amnésie d’un peuple ou d’un individu. Il peut imposer ou exploser à la façon de l’Autriche-Hongrie et de l’Empire allemand en 1918. Les éléments dispersé et épars par la violence peuvent être capturés par un autre noyau gravitationnel et constitués un autre OdH. L’Allemagne de Weimar ayant implosé est devenu le IIIe Reich qui, à son implosion, deviendra l’Allemagne Fédérale constituant un des noyaux durs attractifs de « l’Odh Union Européenne » en accrétion constante et fort menacée par le trou noir du monde globalisé dont la gouvernance politique est maintenue en cohérence par une énergie noire qui la contient : l’argent.

La Banque centrale européenne en 2008 a pu verser dans le tonneau des Danaïdes de l’U.E. jusqu’à 100 milliards d’euros. A la merci de la créativité spéculative des banques, une Union à plusieurs têtes doit sa cohésion institutionnelle et son maintien économique à la finance. Or les banques n’assainissent leurs bilans qu’avec prudence, à leur convenance stricte. Le crédit irrigue moins les périphéries méridionales appauvries de l’Union. Cette dernière est en proie a un très probable ralentissement conjoncturel dont on ignore la durée. Le danger n’est pas dans l’immédiat une implosion mais la désillusion et la désespérance de groupe face à l’avenir européen Qui n’exerce plus sa force attractive vers son centre. Ainsi se refroidit un Objet d’Histoire, ceux qui le peuplent auront tendance à cultiver la nostalgie et se détacher de l’idéal des « pères fondateurs » de l’Europe unie.

Représentation visuelle simplifiée.

 

L’Union Européenne agrège des états attirés par une force politique économique centripète. Cette accrétion culturelle et politique les maintient. Cependant la « matière noire peu visible » (la Phynance) empêche, en fait pour l’instant, les forces centrifuges de détruire cet équilibre précaire de la construction en cours.

PH Union-EuropeenneLa série OdH peut comporter de tels visuels pédagogiques destinée aux travaux pratiques de l’enseignement secondaire pour fixer et favoriser une mémorisation. Leur utilisation n’est pas libre de reproduction sans citation du site de référence et de l’auteur de la figure ainsi que du texte. Robert-l. Liris

 

L’Histoire peut-elle rendre compte des dangers des phénomènes accumulatifs mémoriels ? La mémoire humaine peut-elle supporter les traces mnésiques accumulatives du passé ? L'oubli est une fonction fragile, comme le déni, plus individuelle que collective. Peut-on vivre en trompant l’oubli ? Au niveau de l'inconscient collectif, l’invisible matière noire en expansion qui enserre notre monde universel, en cas d'effondrement paranoïaque d'une civilisation donnée après une défaite peut aussi en politique déchainer l’apocalypse ultime révélation de toute fin future de l’éclair d’intelligence incrée. Ce péril est stimulé au XXIe siècle de notre monde par la communication globalisée et instantanée des images et des sons. La pulsion terroriste collective et suicidaire est une manifestation éruptive inéluctable et répétitive des Objets d’Histoire ; mais…. la fin de l'histoire viendra d'abord de nous !

 

L'utilisation et la reproduction, totale ou partielle, de la présente notice, et plus généralement des notices contenues sur ce site, ainsi que les reproductions des œuvres qui nous appartiennent, sont soumises à nos Conditions Générales d'Utilisation.

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 15:57

Texte de Robert-Louis Liris.

 

De la nécessaire conservation de toutes les sources imagées. 

L’historien doit ajouter quelque chose qui est de l’imaginaire. 

Les hallucinations partagées à la source des changements politiques et religieux.

La psychohistoire recherche les motivations cachées en scrutant l’envers et l’endroit des images.

Exemple : Le portrait sur soie du Maréchal Pétain offert par les ouvriers de la soierie lyonnaise révèle l’ombre maléfique dérobée à nos regards.

 

 

 

De la nécessaire conservation de toutes les sources imagées.

 

On a souvent privilégié l’histoire à l’archéologie; cette dernière étant jadis qualifiée d’humble servante de l’histoire parce qu’elle trouve l’aliment de son étude dans des traces matérielles et des vestiges enfouis. Les textes, les signes peints ou gravés, peintures, sculptures, sont découverts sur des supports les plus divers et les moins attendus. En aucune façon ils ne furent archivés pour entrer dans un processus de transmission de la mémoire ; cependant les sociétés sans textes écrits ne sont pas des sociétés sans signes abstraits porteurs de sens. Tacite, l’histoire nous est souvent cachée.

L’histoire aurait la part belle en se livrant ingénument à l’étude des sociétés du passé à travers les textes, manuscrits ou imprimés, illustrés ou non d’images. Les mots sont des images mentales qui ont le pouvoir de suggestion. Mis en voix, les mots ont un pouvoir de fascination : c’est l’hypnose à la voix, individuelle ou hypnose des foules que le dirigeant des masses sait d’instinct moduler et initier. Si on reprend une idée de Bernard Henri Levy les « images détiennent des pouvoirs dont les mots sont dépourvus… » Platon le redoutait car l’image est subversion ; son au delà se réduit à l’abstrait… La poésie des mots est l’outre langage, une parole perdue et retrouvée. Images et poésies sont étrangères à la cité car elles arrivent d’un autre monde, et font retour par voie d’emprunts. Seuls sont humains les voleurs de feu. Chassés de la cité, ils soliloquent une autre histoire que révèle à l’initié l’exploration de la psyché. Cette histoire profonde est une psychohistoire. Le mot est image, la lettre est figuration abstraite. Par l’énigme de leur géométrie, les étoiles sont l’alphabet d’un infini.


L’historien doit ajouter quelque chose qui est de l’imaginaire.

 

Deux avis, parmi bien d’autres, contribuent à ébranler les certitudes pesantes et copieuses du savoir historique richement prébendé par les manipulateurs de sources écrites.

Pascal Quignard pense que « l’histoire est une pauvre construction orientée dans le temps pour rassurer les gens... ». Quant à G. Duby il avait écrit il y a longtemps : « la trame des informations n’est pas assez serrée et l’historien doit ajouter quelque chose qui est de l’imaginaire... » ; Pour Marc Bloch, tout fait historique est aussi un fait psychologique. Comment, dans ces conditions évaluer avec des critères universels les sources imagées, notamment les photos de presse, mais aussi les images publicitaires, les caricatures qu’il faut rejeter ou conserver pour des études futures dont le regard et les méthodes critiques ne peuvent qu’évoluer ou se contredire ?


Les hallucinations partagées à la source des changements politiques et religieux.

 

Il n’est pas nécessaire qu’un phénomène visuel ou auditif soit réel pour produire et amorcer de grands changements dans la cité-état.  Les attentes des peuples angoissés par leur avenir sont précédées de signes prétendument perçus : voix entendues par jeanne d’Arc, Gilles de Rais, Bernadette Soubirou. Visions de buissons enflammés (et parlants !) pour le fondateurs de religion. Réduites au silence des pauvres, les minorités font parler et se manifester de puissantes entités qui ont destin de les protéger et conduire.  Ces « inspirés » trouvent des foules de dévots assez simples pour les croire lors d’une grande adversité (le concept d’effondrement paranoïaque est à ce propos assez pertinent.)

Du point de vue individuel une illusion peut causer des émois partagés et très répandus chez les Bouvard et Pécuchet qui font de plus en plus frissonner l’éther vague numérique. Il s’agit de la banale et bien connue paréidolie. Nous sommes conditionnés par l’évolution pour reconnaître la forme première du visage humain : deux yeux et une bouche. Ainsi on crut voir un visage humain sur Mars ; les Bosniaques musulmans voient dans les nuages des versets du Coran tandis que les Croates catholiques sont sensibles aux apparitions hallucinatoires de la Vierge dans les grottes.

Le psychohistorien, en matière d’image doit être sur le qui vive.


La psychohistoire recherche les motivations cachées en scrutant l’envers et l’endroit des images.

 

La PSYCHOHISTOIRE dont l’objet est le pourquoi de l’histoire (et non le quoi), recherche les motivations cachées, et doit faire feu de tout bois. Elle va s’attacher à repérer, conserver et interpréter à la lumière de la psychanalyse et d’autres éclairages, le document laissé pour compte. Il est grand temps de se mettre à l’ouvrage, car tous les documents surtout imagés ne sont pas conservés. Les « Betman archives », fonds riche de onze millions d’images, ne peuvent être numérisées dans leur ensemble faute de moyens. Ne seront conservés que les documents de portée moyenne publiables et exploitables de façon assez banale (politiquement correct oblige !) pour un large public peu enclin à la critique d’image. La Psychohistoire, dans sa singularité se fait un devoir de révéler la face cachée de l’image. En cela elle se place aux avant-postes de la conscience historique et demeure moins sensible aux arguments des marchands d’oubli.


Exemple : Le portrait sur soie du Maréchal Pétain offert par les ouvriers de la soierie lyonnaise révèle l’ombre maléfique dérobée à nos regards.

 

Parmi toutes les images offertes à la ferveur du public, certaines, par la qualité de leur fabrication prouve une réelle et singulière dévotion.

Pétain-soierie-lyon-collLes artisans de la soierie lyonnaise ont offert cette création au Maréchal. Si l’on considère l’envers du tissage, la face sombre peut faire songer à celle de son adversaire Hidenburg /Pétain… la noirceur de la tache sur un fond d’hexagone national ! Collection R.L.Liris

Pétain-Hidenburg-soierie-lyon-collAinsi l’envers d’une tapisserie comme le négatif photographique peuvent révéler ce qui est caché ou latent. L’exploration de l’A rebours imagé livre des significations occultées et d’une certaine façon révèle le contraire de ce qui a voulu être mis en scène. L’envers du décor serait-il prédictif ? Le « vainqueur de Verdun » fait-il songer au vaincu de Vichy et de Weimar ?

L’archétype jungien de l’ombre à la noirceur profonde est-il révélé par l’envers de la trame ? Ainsi la double personnalité de Pétain peut être évoquée mais l’histoire de son parcours, pour les historiens du récit et des faits établis, est bien accomplie sous le signe de l’inverse. Cet obscur un peuple traumatisé par une étrange défaite, ne pouvait ni le voir ni voulut le savoir l’an quarante. La nation se voulut absente du récit noir de son effondrement et du choix de la collaboration avec l’ennemi des trois guerres. La résistance des humbles patriotes confia au peu visible et lointain, en ses débuts, « général micro », le soin de son nouvel enchantement. Les porteurs de changement pour ordinaires qu’ils demeurent, ne peuvent l’être, condamnés qu’ils sont à hanter la noirceur espérant comme lady Macbeth en vain la dérober à nos yeux de lune. Noires sont alors les fumées de l’enfer ! La « lampe d’argile » du poète Aragon, tout comme la flamme de la Liberté guidant le peuple ces incarnations des Lumières en eurent raison pour cette fois ! Il n’existe pas de société stable !

 

En savoir plus sur l’utilisation de l’image dans la France de 1940 à 1942 : « L’Ordinaire de Vichy » par Robert Liris.

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:13

Cet article de Robert Louis Liris inaugure une nouvelle rubrique qu'il animera et qui s’adresse aux promeneurs de l’imaginaire et du regard qu’assaillent des questions non résolues sur le quoi et le pourquoi de l’histoire. Il s’agit de proposer au fil des mois  des relations avec des psychohistoriens et leur discipline si diversifiée puis de faire le point sur les recherches menées de par le monde avec des groupes et associations  universitaires ou pas. Il s’agit de répondre à cette question partant du principe posé par Lloyd de Mause aux États-Unis dans son livre publié aux P.U.F en 1983 dans la prestigieuse collection « Perspectives critiques ».


« Psychohistoire sonne mieux, en effet, mais je ne sais pas toujours de quoi il s’agit ».

I. Asimov, « PRELUDE TO FOUNDATION » (Nightfall,Inc. 1988).

 

Le mot psychohistoire,  apparaît dans un roman d’Isaac Asimov (« Fondation »). Le héros Hari Seldon, ne voyait dans la psychohistoire qu’une spéculation sur les déterminants occasionnels qui font l’histoire et les ressorts cachés de l’histoire profonde. Le terme de psychosociologie lui paraissait très lourd et psychohistoire sonnait mieux, écrivait-il.  Cet état d’esprit semblait offrir de singulières perspectives au renouvellement de l’art de transmettre le passé.

 

 

SOMMAIRE :

 

« La psychohistoire est la science de la motivation en histoire ni plus ni moins. » 

Citoyen de ce Monde : aucune de nos sociétés ne fut ni ne sera stable !

Le dangereux Objet d’Histoire.

 

 


« La psychohistoire est la science de la motivation en histoire ni plus ni moins. »

 

La Psychanalyse donna-t-elle à l’historien la possibilité d’élargir le champ de sa curiosité et de ses investigations ? Peut-on songer à une prédictivité de la Psychohistoire ou a une prévention de la violence des sociétés ? Les connaissances  sur la toile ont un caractère d’immédiateté. Nos étudiants sont confinés dans un présent qui ne s’écoule pas ; il est fait d’une mosaïque de faits prétendument établis et d’instants de mémoire entre le rêve et l’oubli. Si les traits et les traces  sont visibles, les courbes et les cycles par ressacs et retours échappent à l’horizontalité du nuage polymorphe des savoirs encodés dans le numérique. En un mot zapper serait fuir pour éviter de connaître  le fin mot d’un   savoir en miettes mosaïques. Les sables et les cendres furent pierres et palais. La fée amnésie nous a jeté un sort, Clio fille des Lumières peut le conjurer !


Citoyen de ce Monde : aucune de nos sociétés ne fut ni ne sera stable !

 

Nos lycéens traversent les villes sans voir les monuments. Ils n’avancent pas masqués. Ils nous fuient dans un petit miroir d’images et de signes : ceux de leur tribut.  Ils considèrent les noms de rues, celles des stations de métro, les fantômes fixes du bronze des statues ornant peut-être nos villes et villages comme des sonorités visuelles et des balises mentales de repérage. Les paysages sont devenus promesses de consommations. Présents à tout ils n’ont nul besoin des choses et des gens qui les ont précédés. Encore moins ont-ils souci de découvrir le dangereux Objet d’Histoire (OdH.) dont il sera beaucoup question dans nos approches. Aveugles du passé, ils vont être submergés par les faits de sidération des drogues offertes. Envahis par les émotions de groupe, les sons de la sauvagerie, en proie à des saltations parfois furieuses : ils sont les fils et les filles de Mr. Hyde. Les dédoublements de personnalités  ainsi stimulés suffisent à expliquer la récurrence des criminalités individuelles et de groupe mais aussi les meurtres de masse perpétrés sous un masque religieux ou national. Aucune société ne fut ni ne sera stable. Les données de la psychologie permettent de repérer la montée des périls, de comparer ce qui fut et n’est pas si dissemblable, d’explorer la psyché profonde en évolution depuis la préhistoire jusqu’aux affres du présent si conflictuel. C’est la Deep history  ou « l’histoire en conversation. »


Le dangereux Objet d’Histoire.

 

L’étude interdisciplinaire et comparée de la vie émotionnelle des nations va bouleverser la façon de transmettre le passé non pour se parer avec des oripeaux agencés des commémorations  et des repentances mais pour pressentir et conjurer les  pulsions de mort  aux masques culturels si divers et trompeurs. Une histoire longue, très longue (à notre échelle de simiens-sapiens)  s’est depuis 200.000 ans de traces repérées, enkystée et hantent notre psyché conspirant à notre perte : le fabuleux  et si funeste Objet d’Histoire en formation par accumulation des faits. Nos jeunes gens appartiennent déjà au passé. Leur avenir, sans connaissance des cauchemars de l’histoire, pourrait être le matin sans le réveil.  Le geste de zapper le passé n’est pas le secret d’une éternelle jeunesse. Ceux qui passent sans comprendre sont déjà les robots aux regards fixes et au sentiment absent  que nous construisons sans Mélancolie ! Ils errent et nous enserrent. Après Cro-Magnon, Qui ou quoi ?

 

Ancien Vice Président de l’International Psychohistorical Association (New York), Robert Louis Liris, est l’auteur de nombreux ouvrages dont les plus récents sont :

« L'Ordinaire de Vichy 1940-1942 »

« À la recherche de l’identité européenne »

« SLOBO L'Explorateur imaginaire »

 

 

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